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Mali: Les présidentiables jouent serré‏

A 10 mois de la présidentielle de 2012, l’heure est plus que jamais aux supputations sur le prochain locataire du palais de Koulouba, la colline du pouvoir à Bamako. Et la course au positionnement est plus que jamais ouverte entre les présidentiables, qui jouent serré.Au nombre des candidats qui ne font pas mystère de leur volonté de briguer la prochaine magistrature et qui pensent avoir leur chance,figurent en bonne place de respectables pointures de la scène politique malienne : parmi celles-ci, Ibrahim Boubacar Keita, leader du Rassemblement pour le Mali (RPM). Ancien Premier ministre, ancien président de l’Assemblée, ce poids lourd, au propre comme au figuré,du landernau politique semble se dire en son for intérieur qu’à travers cette présidentielle il joue son va-tout.S’il y a quelqu’un d’autre qui aura son mot à dire lors de cette consultation électorale, c’est sans aucun doute Soumaila Cissé. Ancien grand argentier, ancien ministre de l’Equipement, il est en fin de séjour à la tête de l’UEMOA ; et, après avoir présidé huit ans durant aux destinées de cette grande organisation sous-régionale, il entend aller à la pêche aux voix sous la bannière de l’URD (Union pour la République et la Démocratie), son parti, qui passe par ailleurs pour être la deuxième force politique du pays après l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA).Après ces deux, ce serait un crime de lèse-majesté que d’omettre le futur candidat de l’ADEMA, qui sera choisi après de probables primaires. Et on pense que l’actuel président de l’Assemblée, Dioncounda Traoré, pourrait rafler la mise.Mais s’il y a une candidature qui est entourée de bien d’interrogations et qui fait l’objet de toutes les supputations et conjectures, c’est bel et bien celle de Modibo Sidibé, qui était, il ya seulement quelques mois, encore chef du gouvernement au Mali. Selon des sources concordantes, c’est à sa demande qu’il a été déchargé de ses fonctions de Premier ministre pour pouvoir cultiver son jardin, la présidentielle 2012.Et pourtant, il n’a trouvé, à ce jour, aucun intérêt à porter sur les fonts baptismaux sa propre formation politique, préférant jeter son dévolu sur le soutien que lui apporterait une kyrielle d’associations.Il penserait secrètement bénéficier du parrainage de quelques formations politiques qui verraient en lui le meilleur cheval. Modibo Sidibé veut aller à cette présidentielle 2012 en indépendant. Comme justement Amadou Toumani Touré en 2002 et en 2007.

Mali: Les présidentiables jouent serré

Mais imiter ATT serait-il la meilleure des stratégies, pour Modibo
Sidibé, d’accession à la magistrature suprême ?

Ce qui ne semble pas souffrir de doute, c’est que ce grand commis de l’Etat, homme pondéré, n’a pas le charisme d’un ATT et surtout pas ses états de service. Si le parcours de l’actuel homme fort du Mali, ses réalisations sur le terrain, sa personnalité lui ont permis d’opérer une synergie autour de sa candidature, lui, par contre, a encore besoin de convaincre nombre de Maliens de sa capacité à gérer l’héritage d’ATT qui, après deux mandats, entend désormais s’occuper à autre chose. Aura-t-il par ailleurs le temps pour sillonner ce vaste pays dans le but de se faire entendre et comprendre ?

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