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Les Articles de la Convention de l'UA

CONVENTION DE L’UNION AFRICAINE SUR LA PREVENTION ET LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

PREAMBULE
Les Etats membres de l’Union africaine :
Considérant l’Acte constitutif de l’Union africaine qui reconnaît que la liberté, l’égalité, la justice, la paix et la dignité sont des objectifs essentiels pour la réalisation des aspirations légitimes des peuples africains ;
Considérant également l’article 3 de l’Acte constitutif, qui demande aux Etats membres de coordonner et d’intensifier leur coopération, leur unité, leur cohésion et leurs efforts afin de relever le niveau de vie des peuples africains ;
Conscients du fait que l’Acte constitutif de l’Union africaine souligne, entre autres, la nécessité de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et des peuples, de consolider les institutions démocratiques, d’encourager la culture de la démocratie, de promouvoir la bonne gouvernance et d’assurer le respect de l’état de droit ;
Conscients de la nécessité de respecter la dignité humaine et d’encourager la promotion des droits économiques, sociaux et politiques, conformément aux dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et des autres instruments pertinents concernant les droits de l’homme ;
Ayant à l’esprit la Déclaration de 1990 sur les changements fondamentaux se produisant dans le monde et leurs implications pour l’Afrique, le Programme d’action du Caire de 1994 pour la relance de la transformation socioéconomique de l’Afrique, et le Plan d’action contre l’impunité adopté en 1996 par la dix-neuvième session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, et entériné par la suite par la soixante-quatrième session ordinaire du Conseil des ministres tenue en 1996 à Yaoundé (Cameroun) qui souligne, entre autres, la nécessité de respecter les principes de bonne gouvernance, de primauté du droit, des droits de l’homme, de démocratisation et de participation effective des populations africaines au processus de bonne gouvernance ;
Préoccupés par les effets négatifs de la corruption et de l’impunité sur la stabilité politique, économique, sociale et culturelle des pays africains, et ses conséquences néfastes sur le développement économique et social des peuples africains ;
Reconnaissant que la corruption compromet le respect de l’obligation de rendre compte et du principe de transparence dans la gestion des affaires publiques, ainsi que le développement socio-économique du continent ;
Conscients de la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la corruption sur le continent ;
Convaincus de la nécessité de mettre en oeuvre, en priorité, une politique pénale commune pour protéger la société contre la corruption, y compris l’adoption de mesures législatives appropriées et de mesures de prévention adéquates ;
Déterminés à instituer des partenariats entre les gouvernements et tous les segments de la société civile, en particulier les femmes, les jeunes, les médias et le secteur privé, afin de combattre le fléau de la corruption ;
Rappelant la décision AHG/Dec. 126 (XXXIV) adoptée par la trente-quatrième session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement tenue en juin 1998 à Ouagadougou (Burkina Faso), demandant au Secrétaire général de l’OUA de convoquer, en collaboration avec la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, une réunion d’experts de haut niveau pour réfléchir sur les voies et moyens d’éliminer les obstacles à la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels, y compris la lutte contre la corruption et l’impunité, et proposer des mesures législatives et autres mesures appropriées à cet effet ;
Rappelant en outre la décision de la 37ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA tenue en juillet 2001 à Lusaka (Zambie) ainsi que la déclaration adoptée par la première session de la Conférence de l’Union africaine tenue en juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud), sur la mise en oeuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) qui demande la mise en place d’un mécanisme coordonné pour lutter efficacement contre la corruption ;

SONT CONVENUS DE CE QUI SUIT :
Article 1
Définitions
1. Aux fins de la présente Convention, on entend par :‘Président de la Commission’, le Président de la Commission de l’Union africaine ;

‘Confiscation’, toute sanction ou mesure donnant lieu à une privation définitive de biens, gains ou produits, ordonnée par un tribunal à l’issue d’un procès intenté pour une ou plusieurs infractions pénales relevant de lacorruption ;

‘Corruption’, les actes et pratiques, y compris les infractions assimilées, prohibés par la présente Convention;
‘Cour de justice’, une juridiction dûment mise en place par une loi nationale ;
Conseil exécutif, le Conseil exécutif de l’Union africaine ;
‘Enrichissement illicite’, l’augmentation substantielle des biens d’un agent public ou de toute autre personne que celui-ci ne peut justifier au regard de ses revenus.
‘Secteur privé’, le secteur d’une économie nationale sous propriété privée et dans lequel l’allocation des
facteurs de production est contrôlée par les forces du marché plutôt que par les pouvoirs publics, et tout
autre secteur d’une économie nationale qui ne relève pas du gouvernement ou du secteur public ;
‘Produits de la corruption’, les biens physiques et non-physiques, meubles ou immeubles, tangibles ou
intangibles et tout document ou instrument juridique prouvant qu’on a des titres pour ses biens ou des
intérêts dans ces mêmes biens, acquis à la suite d’un acte de corruption ;
‘Agent public’, tout fonctionnaire ou employé de l’Etat ou de ses institutions, y compris ceux qui ont été
sélectionnés, nommés ou élus pour entreprendre des activités ou exercer des fonctions au nom ou au service de l’Etat, à tout niveau de sa hiérarchie ;
‘Etat partie requis’, un Etat partie auquel est adressée une demande d’extradition ou d’entraide judiciaire, aux termes de la présente Convention ;
‘Etat partie requérant’, un Etat partie soumettant une demande d’extradition ou d’entraide judiciaire, aux
termes de la présente Convention ;
‘Etat partie’, membre de l’Union africaine ayant ratifié la présente Convention ou y ayant adhéré, et ayant
déposé ses instruments de ratification ou d’adhésion auprès du Président de la Commission de l’Union
africaine.
2. Dans la présente Convention, le singulier inclut le pluriel et vice-versa.
Article 2
Objectifs
Les objectifs de la présente Convention sont les suivants :
1. Promouvoir et renforcer la mise en place en Afrique, par chacun des Etats parties, des mécanismes nécessaires pour prévenir, détecter, réprimer et éradiquer la corruption et les infractions assimilées dans les secteurs public et privé ;
2. Promouvoir, faciliter et règlementer la coopération entre les Etats parties en vue de garantir l’efficacité des mesures et actions visant à prévenir, détecter, réprimer et éradiquer la corruption et les infractions assimilées en Afrique ;
3. Coordonner et harmoniser les politiques et les législations entre les Etats parties aux fins de
prévention, de détection, de répression et d’éradication de la corruption sur le continent ;
4. Promouvoir le développement socio-économique par l’élimination des obstacles à la jouissance des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques ;
5. Créer les conditions nécessaires pour promouvoir la transparence et l’obligation de rendre compte dans la gestion des affaires publiques.
Article 3
Principes
Les Etats parties à la présente Convention s’engagent à se conformer aux principes suivants :
1. Respect des principes et institutions démocratiques, de la participation populaire, de l’état de droit et de la bonne gouvernance ;
2. Respect des droits de l’homme et des peuples,conformément à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et aux autres instruments pertinents concernant les droits de l’homme ;
3. Transparence et obligation de rendre compte dans la gestion des affaires publiques ;
4. Promotion de la justice sociale pour assurer un développement socio-économique équilibré ;
5. Condamnation et rejet des actes de corruption, des infractions assimilées et de l’impunité.

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En tant que Premier ministre du Sénégal,Je veux dire ceci devant vous, avec gravité, mais aussi avec une conviction inébranlable :Nous ne commémorons pas Fanon.Nous le continuons.Nous ne sommes pas ici pour déposer des fleurs sur une mémoire figée.Nous sommes ici pour reprendre le flambeau, pour avancer là où il a dû s’arrêter,Pour transformer un héritage en action,Pour transformer une pensée en politique publique,Pour transformer une indignation en institution.Lorsque nous avons refusé les pratiques politiques du passé,Les arrangements obscurs, les manipulationsinstitutionnelles,Les calculs de cour qui prenaient le pas sur le bien communNous avons posé un premier acte fanonien :Celui de dire non, enfin, à ce qui défigure l’État et trahit le peuple.Lorsque nous avons révélé la vérité sur les finances publiques,Lorsque nous avons mis à nu les passifs cachés, les mensonges comptables,Les dettes déguisées, les bilans maquillés,Lorsque nous avons entamé le chantier de laréappropriation des nos ressources naturelles et celui de la fin de la prédation de nos ressources financières et budgétaires par les surfacturations et la corruptiongénéralisée,Lorsque nous avons refusé la politique du silence et de la façade,Nous avons agi dans l’esprit de Fanon,Qui disait que la domination commence toujours par la dissimulation,Et que la liberté commence toujours par la vérité.Lorsque nous avons engagé la lutte contre la dépendance économique,Contre les accords qui brident,Contre la PRESENCE MILITAIRE ÉTRANGÈREContre les conditionnalités qui punissent,Contre les mécanismes monétaires qui ligotent,Nous avons rejoint le combat de Fanon,Lui qui affirmait que l’indépendance sans maîtrise de son économie n’est qu’un drapeau sans souveraineté.Lorsque nous avons défendu, sans trembler,La souveraineté de notre pays face aux pressions extérieures,Face aux injonctions, face aux chantages voilés ou explicites,Parce que nous avons affirmé que le Sénégal ne serait pas gouverné depuis l’extérieur,Qu’il ne serait pas manœuvré par la peur des marchés,Ni intimidé par les admonestations d’institutions qui ont trop souvent pris l’Afrique pour un laboratoire,Alors nous avons fait plus qu’un geste politique :Nous avons restauré notre dignité nationale.Lorsque nous avons proclamé haut et fort notre droit à choisir nos alliances,Nos partenariats, nos stratégies, nos amis et nos horizons.Lorsque nous avons dit que le Sénégal ne serait jamais l’appendice géopolitique de personne,Nous avons prolongé le rêve fanonien d’une Afrique qui s’autodétermine,D’un continent qui ne quémande plus, qui ne s’excuse plus,Mais qui assume pleinement sa place dans le monde.Oui : dans chacun de ces actes,Nous nous sommes inscrits dans la droite ligne du combat fanonien pour la dignité.Pas par posture.Pas par opportunisme.Mais par devoir historique.Fanon nous a appris à reconnaître ces élites qui se servent de l’État plutôt que de le servir :Celles qui transforment la fonction publique en rente,Celles qui s’inclinent devant l’étranger mais se redressent face au peuple,Celles qui parlent beaucoup et agissent peu.Fanon nous rappelait une exigence simple :Se méfier des gestionnaires de la dépendanceEt appeler des femmes et des hommes capables de rupture, d’intégrité et de courage.Notre démarche s’inscrit dans cet esprit :La sobriété dans l’exercice du pouvoir,La transparence dans la conduite des affaires publiques,Et la cohérence entre les paroles et les actes.

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